Histoire

Commune de Saint Apollinaire de Rias

Il y a 100 ans 

DOCUMENTS EXTRAITS DES ARCHIVES MUNICIPALES ET DEPARTEMENTALES

En 1915, à la tête de la commune, se trouvait le conseil municipal de douze membres élus en mai 1912.

Ce conseil était constitué de Messieurs PEATIER Jean-Pierre, Maire, VIGNAL Philémon Louis, Adjoint, BROE Philémon Antoine, CHALAVON Jean-Pierre Adrien, CLEINIAS Firmin Louis, COURET Prosper Louis, GROUSSON Casimir, GROUSSON Jean-Pierre Henri, MAJAL Jean-Louis, MASSE Hippolyte Charles, SEINE Jean-Pierre Firmin et VALLA Samuel.

Parmi eux, trois étaient mobilisés : messieurs BROE, GROUSSON Casimir et VALLA.

L’état-civil comptabilise pour 1915 :

7 naissances ; aucun mariage ; 9 décès dont 2 morts pour la France. Pour 1916 :

3 naissances ; 2 mariages et 12 décès dont 3 morts pour la France.

En ces années-là, on relève le projet de construction d’une école de filles aux Baraques pour la somme de 12 025 Francs.

 

Construction d’une nouvelle école aux Baraques

L’école fut à St-Apollinaire l’occasion de batailles et de différents comme dans de nombreuses communes rurales de l’Ardèche et l’importance de ce dossier avait toute sa place dans la vie du village. Il fut en effet très présent au sein du conseil municipal et fut même l’objet de décisions retentissantes : démission de tout le conseil en 1868. Des querelles eurent lieu à propos de l’école catholique au village;

En 1881, la municipalité de St-Apollinaire souhaite laïciser l’école catholique et la transférer aux Baraques. Là encore véritable esprit laïque ou souhait de suppression de l’école privée ?

Il est intéressant de noter le clivage entre les deux principaux lieux d’habitations (les Baraques : Temple et école laïque, St-Apollinaire : Eglise et école catholique).

En fait ce clivage a-t-il réellement existé entre les populations qui y résidaient ou non ?

Je crois que non, cependant certains sujets «sensibles» comme l’école, la religion ne pouvaient être abordés n’importe où et n’importe quand ! En effet de nombreuses occasions et événements ont démontré que les habitants étaient soudés par delà leurs «différences» (lors de difficultés en tous genres, maladies, accidents, décès, lors des guerres où nombreux hommes étaient sur le front, etc…)

L’école au village a continué à fonctionner en 1883, un document officiel atteste de son existence.

Le 9 septembre 1913, les plans pour la future école aux Baraques sont prêts, deux classes et le logement de fonction au-dessus ainsi que de très jolis dessins pour l’encrier de porcelaine.

La guerre survient et stoppe net tous les travaux. Le maire en septembre 1920 interpelle le Préfet pour lui rappeler que les travaux ont été arrêtés par la guerre, les documents concernant ce dossier ne reviennent qu’en 1927… La réception définitive des travaux n’interviendra officiellement que le 1er septembre 1933.

 

L’arrivée de l’Electricité

Tout commence avec une délibération du Conseil Municipal du 14 décembre 1930 dans laquelle le maire de la Commune déclare – l’intérêt pour la commune à être dotée d’un réseau de distribution électrique : commune essentiellement agricole 70 exploitations, utilisation de cette énergie pour les travaux agricoles et suppléant au manque de main-d’œuvre utilisation de l’énergie électrique pour favoriser l’attachement de nos populations rurales à leur terre et empêcher l’exode rural. Une subvention de 50% est possible avec étude gratuite du projet; Une enquête d’utilité publique se déroule du 10 au 17 ao0t 1934. La société des Forces Motrices du Vercors est choisie pour accomplir ces travaux mais les choses trainent. En décembre 1934 les travaux ne sont pas encore commencé. Les accords donnés par le Préfet n’ont pas été transmis aux différents services ayant la charge des travaux. Les habitants ont versé leur première mise de fonds il y a plus d’un an et parlent de retirer leur argent. .. Les chômeurs (car le chômage sévit dans nos campagnes) viennent demander à la mairie du travail que pourrait leur procurer l’ouverture des travaux.

En définitif les travaux s’effectueront entre février et décembre 1935. Tout est terminé en janvier 1937. L’électricité circule désormais chez tous ceux qui ont souscrit à cette proposition.

L’arrivée du Téléphone

Les travaux se précisent le 14 mars 1934 avec l’autorisation officielle d’établissement de la ligne de Vernoux à St-Apollinaire de Rias. On note principalement les articles 3: les propriétaires riverains sont mis en demeure de couper et d’élaguer à la limite de la route les plantations qui présenteraient des branches en saillie dur l’arête extérieure des fossés et talus et pourraient trancher les fils et l’article 7 qui précise que «la hauteur minimum des fils dans les villes et villages est de 6m50 au-dessus de la chaussée».

Evidemment nous assistons avec l’arrivée du téléphone à une forme de modernité qui n’a pas cessé de nous entourer et de modifier nos modes de relations aux autres.

Même si ce poste téléphonique est collectif, un seul pour la commune, StApollinaire de Rias est relié au reste du monde!

La démographie

Des recensements permettent d’établir ur. état des lieux précis de la population ; voilà quelques données : 1836 :618 ; 1846: 689; 1851: 691; 1872 : 633; 1891 : 569; 1901 : 600; 1912: 511; 1932 :370;

Le degré d’instruction : En 1886, sur 664 habitants, 349 ne savent ni lire ni écrire, 67 seulement lire et 204 savent lire et écrire. Plus tard, une amélioration de l’instruction se confirme avec, probablement la mise en place d’une scolarisation plus régulière des enfants ;

Le lieu de naissance : Bien entendu, l’immense majorité des habitants est née dans le département ; En 1881 sur 572 habitants, 318 sont nés à St-Apollinaire, 233 dans le département et seulement 21 hors du département.

Le lieu d’habitation : Dans ces années, la plus grande partie des gens réside à StApollinaire mais au fil des temps, les Baraques prennent de l’importance ainsi que le Vernat.

La profession : La majeure partie des habitants sont agriculteurs en 1861 : sur 676 habitants, 623 sont agriculteurs. En 1861,on note aussi 13 restaurateurs et hôteliers, 6 chaudronniers, des forgerons, potiers, fondeurs, tailleurs, 18 mendiants et vagabonds, une personne travaillant la soie, 1 propriétaire rentier et enfin 4 enfants en nourrice et 6 enfants trouvés.

Informations sur la nourriture et les habitudes alimentaires des habitants : On retrouve les aliments de base de l’alimentation en ce début de XXe siècle (pommes de terre, châtaignes, choux, raves également, fromages, œufs, viande de porc élevé et tué sur place, la morue, seul poisson acheté en raison de son fort degré de conservation mais aussi en raison de son prix modique (ce qui n’est plus le cas aujourd’hui) et les volailles pour le dimanche ou fêtes). On n’achetait pas de légumes frais, tout venait du potager. L’achat quotidien de petites quantités n’avait rien à voir avec les courses hebdomadaires de notre civilisation d’abondance. A noter aussi des comportements en situation de pénurie (1939-45) nos grand-mères ont stocké des quantités de denrées non périssables (sucre ,café, pates...)

L’Eglise au village

Eglise de style roman, rustique et épurée dont l’origine remonte au XIe siècle. Plusieurs fois plus ou moins reconstruite après guerres civiles et religieuses et réaménagée. L’originalité de cette église est davoir conservé son baptistère, il a été préservé et inclus dans une tourelle, à gauche de l‘entrée. Sa très ancienne cuve en pierre blanche est recouverte de boiseries. Plus au sud, vers le Chœur, une chapelle seigneuriale avait été accolée par les seigneurs de la demeure du Noyer (commune de Vernoux audessus du Moulin du Noyer}, la famille De Lagrevol, leur place lors des offices se trouvait là, des sépultures se trouvent au-dessous dans le soussol.

Dédiée à St-Apollinaire, elle dépendait du prieuré de Vernoux lui même relevant autrefois de l’Abbaye de Cruas. Les belles pierres taillées encore visibles indiquent qu’un Compagnon est à lorigine de la construction de l’Eglise.

Un cimetière était accolé à l’Eglise, il a été détruit en 1975 et la croix a été déplacée. Le bâtiment attenant à l’Eglise était au XIXe siècle l’école libre catholique dirigée par des religieuses, elle a cessé de fonctionner aux alentours de 1920. Le presbytère se trouvait dans lenceinte que l’on voit en arrivant dans le village, sur la gauche, il est devenu maison particulière ainsi que l’ancienne école; Le dernier prêtre officiant a été l’Abbé Entressangle, décédé en 1964, il repose au cimetière communal de St-Apollinaire de Rias au pied de la Croix. Il avait officié de 1905 à 1921 puis de 1944 à 1964.

Le Temple aux Baraques

Il a été édifié en 1840 sur l’emplacement d’un ancien Temple ou pour remplacer l’ancien temple devenu trop petit ou trop délabré? Où se situait l’ancien temple, les documents n’en disent rien ? Des restaurations ont été faites par la suite, en 1886 les réparations sont terminées. Ce temple, comme tous les temples, se distingue par sa sobriété, l’architecture est tout à fait quelconque.

Les temples ont été reconstruits au XIXe siècle pour consacrer la reconnaissance du Protestantisme en Ardèche alors que nombreux avaient été rasés au moment de la Révocation de lEdit de Nantes ; pour exprimer leur foi, les fidèles se réunissaient en « assemblées », quelquefois sous les «châtaigniers», dans des endroits cachés dans la commune, des mariages, des baptêmes, des obsèques avaient lieu en plein air. Le pasteur ne résidait pas dans la Commune, il n’y avait pas de Presbytère, il venait dautres paroisses, StJean Chambre, Vernoux…

La séparation de l’Eglise et de l’Etat

Le 9 décembre est votée la loi de séparation de lEglise et de l’Etat, la loi proclame que la République assure la liberté de conscience et qu’elle garantit le libre exercice des cultes, elle ne salarie, ni ne reconnaît, ni ne subventionne aucun culte et informe quil sera procédé par les agents du domaine à l’inventaire des biens mobiliers et immobiliers des lieux de culte. L’inventaire s’est fait à St-Apollinaire de Rias le 27 février 1906 à partir de 8h30 précises. Des inventaires faits dans les environs ont donné lieu à des difficultés (protestations des fidèles devant les Eglises gardées par des hommes et barricadées).

A St-Apollinaire, aucun incident ne fut à déplorer les choses se firent dans la tranquillité; le Maire lui-même, M. Peatier écrivit au Préfet le jour même « Les inventaires de l’Eglise et du Temple ont été faits en ma présence et aucun incident ne s’est produit ».

Ce travail de recherche a été effectué en 2016 par Nicole Chazel, ancienne première adjointe.